La question de la structure juridique revient régulièrement chez les freelances en croissance — surtout quand le seuil TVA approche. Micro-entreprise, portage salarial, EURL ou SASU : voici le comparatif structuré par niveau de chiffre d'affaires.
Niveau 1 : CA annuel 0 à 35 000 € — La micro-entreprise est souvent optimale
En dessous de 35 000 € de CA, la micro-entreprise reste généralement la structure la plus simple et la plus économique :
- Cotisations sociales faibles (~21 % pour les BNC, ~22 % pour les BIC services)
- Pas de comptabilité complexe
- Franchise TVA applicable jusqu'à 37 500 € (services)
- Pas de frais de création ou de gestion importants
Le portage salarial peut être intéressant à ce niveau pour des missions ponctuelles avec des grandes entreprises (assurance chômage possible, pas de démarches administratives).
Niveau 2 : CA annuel 35 000 à 60 000 € — La zone de transition
C'est là que tout se complique. Tu approches ou dépasses le seuil TVA, et les cotisations sociales sur le CA brut (micro) peuvent devenir moins avantageuses que sur le résultat net (EURL).
- Micro-entreprise : simple à gérer mais sans déduction des charges réelles. Si tes charges dépassent l'abattement forfaitaire (34 % en BNC, 50 % en BIC services), tu paies trop.
- EURL au régime réel : toutes tes charges sont déductibles. Cotisations calculées sur le résultat net, pas le CA. Plus avantageux si tes charges représentent plus de 34-50 % de ton CA.
- Portage salarial : frais de gestion élevés (8-15 % du CA), mais accès aux droits salariés. A réserver aux missions courtes ou à la phase de test.
⚠️ Le passage de micro à EURL/SASU a des coûts de transition (création, comptable) et une complexité accrue. Ne pas faire ce changement sans simulation chiffrée avec un expert-comptable.
Niveau 3 : CA annuel 60 000 € et plus — La société devient incontournable
Au-delà de 60 000 €, la micro-entreprise montre ses limites et l'EURL ou la SASU devient généralement plus avantageuse :
- EURL : cotisations TNS (environ 45 % de la rémunération, mais sur le résultat net). Possibilité de laisser de la trésorerie en entreprise pour l'investir ou pour lisser les années de revenus variables. TVA collectée et déductible gérée au régime réel.
- SASU : statut assimilé salarié (cotisations ~82 % du net, bulletins de paie). Le président de SASU ne bénéficie pas de l'assurance chômage publique — une protection privée (type GSC) est possible. Flexibilité salaire/dividendes. Généralement plus intéressant fiscalement au-delà de 80-100 000 € de CA.
La TVA dans tout ça
Quel que soit le statut, les seuils TVA sont identiques en 2026 : 37 500 €/41 250 € en services, 85 000 €/93 500 € en commerce. La structure ne change pas l'obligation TVA — mais elle change l'optimisation fiscale globale.
Ce qu'il faut retenir
Il n'existe pas de "meilleure structure" universelle. Tout dépend de ton CA, de tes charges, de ton mix client, et de tes objectifs de long terme. La règle simple : en dessous de 35 000 €, reste en micro. Entre 35 000 € et 60 000 €, fais simuler par un comptable. Au-delà de 60 000 €, la société est presque toujours plus avantageuse.
Sources : Comparatif statuts indépendants — Seuils 2026 : services 37 500 €/41 250 €, commerce 85 000 €/93 500 € — urssaf.fr, bpifrance-creation.fr